Jeddah no.4

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Le fonctionnement est similaire à celui des agences à Montréal. On y retrouve les même types de postes, de départements, de hiérarchie et d’outils. Par contre, les femmes ont des bureaux séparés des hommes. Ils se visitent et ont des réunions mais vont très rarement hors du bureau ensemble, au risque de croiser la Muttawa. Les étapes de travail sont aussi ressemblantes mais moins poussées, avec moins de temps et de plus petites équipes. Les étapes d’approbation peuvent parfois prendrent plusieurs mois. J’ai déjà vu un projet être approuvé deux ans après sa présentation… sans jamais n’avoir eu de mise à jour avant. Les niveaux d’approbations et les nombreuses personnes impliquées sont très lourds de conséquence et créer souvent la confusion dans tout le processus. Probablement un des plus beaux exemples de téléphone arabe.

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LE MARCHÉ
Les Libanais ont pris d’assault les entreprises de communication et de production Saoudiennes. Ils sont devenus à ce point présents et impliqués dans les hautes directions que localement ils sont surnommés «La mafia de la pub».
La plupart des grands réseaux internationaux on des ramifications à Jeddah et à Riyadh. Il n’y a que peu d’agences locales mais l’effervescence du talent et les nombreux diplômés laissent présager qu’il y en aura de plus en plus.

DES ÉTUDES AUX FRAIS DU ROI
Il faut savoir que depuis plusieurs années maintenant, le gouvernement saoudien investi dans le savoir et entre autre, prend en charge les frais de scolarité des saoudiens d’origine, qu’ils décident de la faire en Arabie ou à l’étranger. La plupart d’entre eux reviennent au pays peu de temps après pour de simples et très bonnes raisons.
Il n’y a que très peu de nouvelles entreprises de produits et de services d’origine saoudienne dans les secteurs des communications visuelles. Quand elles le sont, elles ne sont souvent plus d’actualité.
Il y a beaucoup de place pour ces jeunes saoudiens et ils le savent. L’âge moyen est de 25 ans et 30% de la population a moins de 15 ans. Ils forment un immense bassin de consommateurs plus ouverts d’esprit, plus éduqués, informatisés, réseau socialisés et impliqués.

LES OUTILS DE TRAVAIL
Les outils sont accessibles et les agences sont habituellement à jour en ce qui concerne les logiciels et les ordinateurs. Comme à Montréal, certaines agences ont des locaux très design et agréables tandis que d’autres on presque l’air de bureaux gouvernementaux et sont peu inspirants. L’accès internet est bien mais un peu cher et rencontre des instabilités de réseaux fréquents.
Le plus gros problème est au niveau de la censure. La majorité des sites avec un bout de peau, concernant l’alcool ou d’autres sujets jugés tabous sont bloqués (il y en a beaucoup). On a dû se débattre quelques fois pour retrouver nos accès aux banques d’images comme Getty et ShutterStock.
Les saoudiens ont rapidement adopté les sites miroirs et les torrents pour contourner la censure abusive. Beaucoup font la même chose avec la télévision d’ailleurs. Il y a un énorme piratage de satélites disponible pour presque rien. Environ 200$ pour 300 canaux, à vie, comprenant mise à jour du décodeur en cas de brouillage.

LANGUES DE TRAVAIL
Plusieurs publicités doivent être produites en arabe et en anglais, ou alors doivent être bilingues. La raison est simple du fait qu’il y a un nombre important de travailleurs/consommateurs étrangers et que la langue de travail dans la plupart des grandes firmes est l’anglais. Au niveau du travail, l’anglais domine mais le français et l’arabe sont aussi utilisés pour exprimer des idées plus clairement. Comme il y a beaucoup de Libanais dans les agences en Arabie saoudite, le français y est entendu fréquemment.

CONCEPT VS DIRECTION ARTISTIQUE
L’aspect visuel est davantage mis de l’avant que celui de l’idée. Un beau visuel bien calibré et utilisant au mieux des références culturelles recevra la plupart du temps un meilleur accueil qu’une approche plus conceptuelle. Les motifs arabes et la calligraphie sont toujours très populaires. Une fois actualisés, ils deviennent très intéressants.

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LES PRODUCTIONS
Il y a peu de production en Arabie sauf pour les tournages en studio ou dans le désert. La population n’est pas encore très réceptive aux équipes de cinéma. De toutes façons, les équipements, studios et équipes techniques ne sont pas assez nombreux. Faire venir du matériel de production et des équipes demanderaient trop de permissions et de temps.
La plus complète des maisons de production à Jeddah est sans aucun doute SilverGrey picture and Sound. Elle peut organiser les productions les plus complexes et obtenir les droits d’accès les plus difficiles à obtenir en Arabie saoudite. Elle détient ses studios, a ses équipements et ses équipes techniques locales. Fait à ne pas négliger, elle peut produire ou encore louer le tout à des productions étrangères et ne faire que le soutien opérationnel de repérage et de droits d’accès.

Les productions hors du pays s’envolent souvent vers le Liban, UAE / Dubaï, le Maroc, la France ou la Turquie. Les budgets de production sont généralement plus élevés qu’au Québec mais comme les réalisateurs, les équipes techniques, l’agence et les clients arrivent de partout, une belle partie du budget s’évapore à cet effet.

Voici en exemple deux publicités faites à Dubaï.
Toyota AURION » Production Jet Films avec Alexi-Durant Brault. Post production à Montréal chez Fly studio.
Toyota YARIS HB » Production Workshop de Dubaï. Post production à Paris chez Sparks.

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